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Le 10 mars dernier, j’ai eu l’occasion de passer une très belle soirée en compagnie de l’écrivain ⭐️Nicolas Mathieu⭐️, invité à La Haye par l’Institut Français des Pays-Bas à une présentation de son livre Leurs enfants après eux, Prix Goncourt 2018.

Enfin quand je dis « en compagnie de » … j’étais dans la salle quoi, je ne parle pas d’une soirée en tête-à-tête !

Mais ça ne m’a pas empêchée d’aller, pour vous, à la pêche aux informations et autres secrets qui font la recette d’un bon roman ou d’un bon écrivain. Ou du moins, qui y contribuent, Inch’Allah !

1. Instaurez votre routine d’écriture.

La FAMEUSE routine d’écriture : inscrire un temps d’écriture régulier dans son agenda et s’y tenir. On aimerait bien y échapper, penser qu’écrire un roman est facile, sans douleur, sans contrainte.

Je suis désolée pour celles et ceux d’entre vous qui espériez écrire un roman en claquant des doigts (je m’inclus) mais Nicolas Mathieu semble bien confirmer lui aussi qu’il se fixe l’obligation d’écrire un certain nombre de mots par jour. De 1000 à 1500 mots minimum, même les jours où l’inspiration n’est pas là. Ce qui n’est pas non plus énorme, comme objectif.

L’important ne semble pas être la quantité mais bien la régularité : écrire un peu chaque jour, plutôt que beaucoup une seule fois par semaine. Comme pour le footing, en somme. Plutôt encourageant, non ?

2. L’inspiration divine n’existe pas.

Et encore une fois, c’est bien dommage. J’aurais aimé que Nicolas nous confie que l’inspiration lui vient sans effort, qu’il vit le nez en l’air, flâne toute la journée. Et qu’ensuite il n’a plus qu’à se poser devant son ordinateur et laisser ses mains courir sur le clavier pour retranscrire ce qu’il a finalement déjà écrit dans sa tête. Ça collerait bien avec l’image de l’écrivain rêveur, talentueux malgré lui.

Mais non, Nicolas l’a dit : l’inspiration divine n’existe pas. L’inspiration ne lui vient pas s’il ne travaille pas… même pas sous la douche, bien qu’il ait confirmé en prendre une chaque jour (oui, parce que bien qu’il soit Prix Goncourt, Nico a aussi de l’humour, ce sur quoi on n’aurait pas vraiment parié. Idée reçue qu’il a largement balayée hier soir).

N’attendez pas donc, écrivez, et puis c’est tout.

3. On n’écrit pas toujours le livre qu’on pensait écrire au départ.

C’est ce qu’a affirmé Nicolas Mathieu à propos de son roman Leurs enfants après eux. Il nous a confié avoir d’abord eu l’idée d’écrire un roman noir, avec ses codes très marqués. Après avoir planté les personnages, l’écriture l’a finalement conduit vers le résultat que beaucoup d’entre nous ont déjà lu : un roman plus social, témoignage d’un monde de dominés dans une vallée sinistrée.

C’est le corollaire de l’inexistence de l’inspiration divine : puisque l’écrivain n’attend pas l’inspiration pour se mettre à écrire, puisqu’il ne sait pas à l’avance ce qu’il va produire, l’écriture l’emporte parfois loin du projet initial. Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle ou pas, mais ça se passe ainsi dans la tête de nombreux auteurs.

Nicolas Mathieu a ainsi raconté hier soir qu’il part des personnages de son histoire. Et que pendant ses sessions d’écriture routinières, il place ces personnages dans des situations qu’il développe. Au fil des jours, il finit par accumuler des pages entières d’histoires.

Ensuite, il retravaille son texte.

Easy Billy…

4. N’oubliez pas que vos lecteurs ont aussi le sens de l’imagination.

N’ayez pas peur de perdre vos lecteurs en passant sous silence certaines parties de l’histoire.

C’est là tout l’art de l’ellipse, que manie avec brio (là, j’ai très envie de faire une blague, mais je me retiens) Nicolas Mathieu dans son roman Leurs enfants après eux. Quatre parties, quatre étés. Entre chaque été, rien, pas une ligne. Bien sûr que l’écrivain nous donne des pistes pour compléter ces mois qui se sont écoulés sans qu’on en parle.

Mais il a confirmé hier soir faire toute confiance à ses lecteurs pour remplir ces ellipses par eux-mêmes et compléter ce que lui n’aura pas décidé, expliqué, illustré par ses mots.

5. Aimez vos parents.

Enfin, je ne peux pas clore cet article sans vous parler de toute la tendresse que Nicolas Mathieu semble éprouver à l’égard de ses parents.

Qui lui ont offert une machine à écrire pour ses sept ans.

Qui l’ont encouragé dans cette voie de l’écriture même si clairement, ce n’était pas exactement ce qu’on appellerait « marcher dans les pas de son père ».

Et qui tirent une grande fierté du succès de leur fils, ce transfuge de classe qu’est Nicolas Mathieu.

6. J’allais oublier Johnny Hallyday que je vous avais promis en teaser !

Dernière confidence donc : pour convaincre un éditeur de publier votre livre, soignez le début et la fin de votre histoire. Pourquoi ? Parce que ce sont ces deux éléments qui vont majoritairement le convaincre de publier un auteur encore inconnu. Si l’éditeur n’aime pas le milieu, il vous demandera simplement de le retravailler, mais s’il n’aime pas le début et la fin…

C’est ce que nous a dit Nicolas Mathieu hier, directement inspiré, c’est lui qui l’avoue, d’un conseil de Johnny Hallyday : « Quand tu fais un concert, soigne ton entrée et ta sortie, c’est tout ce qui compte ! », Johnny H. & Associés, Agence de conseil littéraire pour Prix Goncourt, j’adore !

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